Comme un verbe TA s’accorde à la fois avec son sujet et son complément d’objet, il y a une possibilité de 49 formes différentes quand on le conjugue, par exemple, à l’indépendant indicatif présent. Le tableau Possibilités de combinaisons de personnes dans les TA (ci-dessous) schématise cette particularité des verbes TA. (Note : Les combinaisons réfléchi ou réciproque n’en font pas partie).

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Si on observe la richesse de la conjugaison des TA, on peut repérer des sous-classes, organisées selon les interactions des participants et leur personne verbale. Les formes peuvent se décrire comme étant régies par une hiérarchie entre les personnes, selon laquelle la 2e personne à préséance sur la 1re et la 3e, la 1re sur la 3e, la 3e sur la 4e (obviative), et sur la 5e  (surobviative). Comme dans les verbes TA, il n’y a que des personnes animées, seul la partie gauche de la hiérarchie s’applique.

Hiérarchie de personnes

Sous-classes des formes verbales TA

Un premier classement des formes verbales TA fait ressortir trois groupes distincts de formes :

  • locales : où les participants du verbe, c’est-à-dire le sujet et le complément auxquelles le verbe fait référence, ne peuvent être qu’à la 1re ou 2e personne, excluant la participation d’une 3e personne (ex. tshuapamitin je te vois : 1re et 2e personnes);
  • mixtes : où un participant de la 1re ou de la 2e personne, sujet ou complément, intervient avec une 3e personne ou une 4e personne, sujet ou complément (ex. tshuapamau tu le vois : 2e et 3e personnes);
  • non locales : où les participants, sujet ou complément, ne peuvent être que des 3e et 4e (ou 5e, ou 6e) personnes, excluant donc les 1re et 2e personnes (ex. uapameu il voit l’autre : 3e et 4e personnes).

Ensuite, un deuxième classement reflète la situation du sujet du verbe par rapport à la hiérarchie des personnes. Ainsi, les formes

  • directes :
    • ont un sujet dont la personne est plus haute dans la hiérarchie des personnes que celle du complément (ex. tshiminuashin tu m’aimes bien : 2e et 1re personnes; niminuatau je l’aime bien : 1re et 2e personnes);
    • à l’indépendant, le préfixe, qui reflète toujours la personne qui a préséance dans la hiérarchie des personnes, fait référence au sujet (tshuitshin tu m’aides : 2e et 1re personnes; nuitshiau je l’aide : 1re et 3e personnes);
  • inverses :
    • ont un sujet dont la personne est moins haute dans la hiérarchie des personnes que celle du complément (tshimińuatitin je t’aime bien : 1re et 2e personnes; nimińuatiku il m’aime bien : 3e et 1re personnes);
    • à l’indépendant, le préfixe, qui reflète toujours la personne qui a préséance dans la hiérarchie des personnes, fait référence au complément (tshuitshitin je t’aide : 1re et 2e personnes; nuitshiku il m’aide : 3e et 1re personnes);

En regroupant ces deux classements, on obtient six sous-classes de formes TA :

  • formes locales directes (tshuapamin tu me vois, tshuitshinan tu nous aides)
  • formes locales inverses (tshuapamitin je te vois, tshuitshitinan nous t’aidons)
  • formes mixtes directes (nuapamau je le vois, tshuitshianan nous l’aidons)
  • formes mixtes inverses (nuapamiku il me voit, tshuitshikunan il nous aide)
  • formes non locales directes (uapameu il voit l’autre, uitshieu il aide l’autre)
  • formes non locales inverses (uapamiku l’autre le voit, uitshiku l’autre l’aide)

La conjugaison des verbes TA dans le Guide de conjugaisons suit cette classification des formes verbales TA. Cette classification gouverne également la distribution des suffixes thématiques.