Observation
nateu il va le rejoindre tshinashin tu vas me rejoindre

Le radical de ces verbes alterne entre t et sh : le verbe nateu, a un radical qui se termine parfois par t, parfois par sh comme dans tshinashin.

Un verbe comme minuateu il l’aime bien, se conjugue avec un radical qui se termine parfois par sh : tshiminuashin tu m’aimes bien, parfois par t : tshiminuatitin je t’aime bien. La forme du dictionnaire a un t : minuateu. Un autre exemple est mueshtateu il s’ennuie d’elle : nimueshtatau je m’ennuie de lui, apu mueshtashit il ne s’ennuie pas de moi.

On utilise la forme du radical en sh dans les cas suivants :

  • Avec toutes les formes locales directes, à l’indépendant, au conjonctif et à l’impératif (personnes : 2-1, 2p-1, 2-1p, 2p-1p).
tshipushukashin tu me salues
tshipushukashinau vous me saluez
tshipushukashinan tu nous salues ou vous nous saluez
apu pushukashin tu ne me salues pas
apu pushukashieku vous ne me saluez pas
apu pushukashiat tu ne nous salues pas ou vous ne nous saluez pas
pushukashi! salue-moi!
pushukashiku saluez-moi!
pushukashinan! salue-nous! ou saluez-nous!
  • Au conjonctif, en plus des formes locales directes, avec les formes mixtes inverses ayant comme complément une 1re personne du singulier et du pluriel exclusif, c’est-à-dire un sujet à la 3e personne non obviative et obviative, du singulier et du pluriel (personnes : 3-1, 3p-1, 4-1, 3-1p, 3p-1p, 4-1p.)
apu mińuashit il ne m’aime pas
apu mińuashiht ils ne m’aiment pas
apu mińuashińiti il [son frère] ne m’aime pas
apu mińuashimit il ne nous (exclusif) aime pas
apu mińuashimiht ils ne nous (exclusif) aiment pas
apu mińuashimiht il [son frère] ne nous (exclusif) aime pas
  • À l’impératif immédiat, en plus des formes locales directes, avec les formes mixtes dont le sujet est à la 2e personne du singulier et le complément à la 3e personne non obviative (personnes : 2s-3s, 2s-3p).
pushukash! salue-le!
pushukashit! salue-les!
  • À l’impératif retardé et à l’impératif indirect, seulement avec les formes locales directes.
piminushikan fais-moi à manger [plus tard]!
piminushitsheku faites-moi à manger [plus tard]!
piminushime fais-moi à manger [avant que j’arrive]
piminushinanime fais-nous à manger [avant que j’arrive]
piminushimeku faites-moi à manger [avant que j’arrive]

Pour tout le reste de la conjugaison TA, c’est la forme du radical en -t qui est employée; les formes avec le radical en -t sont majoritaires.

VERBES À RADICAL TA EN t (qui alterne avec sh)
putateu il souffle sur qqn niputatau je souffle sur lui
mińuateu il aime bien qqn tshimińuatitinau je vous aime bien
nateu il va le rejoindre tshinashin tu vas me rejoindre
puateu il rêve à qqn nipuatati j’ai rêvé à lui
kushteu il a peur de qqn apu kushin tu n’as pas peur de moi
kututeu il lui fait du feu tshe kutushiat vous nous ferez du feu
nakateu il le dépasse apu nakashit il ne me dépasse pas
tepuateu il lui crie eka tepuashi! ne me crie pas!
piminuteu il lui fait à manger tshipiminutau tu lui fais à manger
mueshtateu il s’ennuie de qqn nimueshtatauat je m’ennuie d’eux
aiashikuateu il crie après lui aiashikuash! crie après lui!
iamekateu il lui fait ses adieux tshitiamekashinan tu nous fais tes adieux
ueuepiteu il le berce ueuepiteku! bercez-le!
mińuashpiteu il l’habille bien nimińuashpitati je l’ai bien habillé
pushukateu il le salue apu pushukashimit il ne nous a pas salué
REMARQUES ORTHOGRAPHIQUES
  • Avec les formes locales inverses, la suite -tit- est prononcée [-ht-] dans les parlers de la basse Côte-Nord : par exemple dans tshimińuatitin je t’aime bien [t∫ǝmǝnwa:htn], tshimińuatitinan nous t’aimons bien ou nous vous aimons bien [t∫ǝmǝnwa:htna:n], tshimińuatitininau je vous aime bien [t∫ǝmǝnwa:htna:w]. Pour ces parlers, il faut faire attention de bien écrire la syllabe qui est remplacée par [ht].
  • Avec les formes inverses mixtes et non locales, il faut faire attention au phénomène d’harmonisation vocaliqueLINGUISTIQUE : L’harmonisation vocalique (ou assimilation vocalique) est une « modification subie par un phonème au contact d’un phonème voisin ». (Dubois et al. 2012. Le dictionnaire de linguistique et des sciences du langage. Larousse, p. 55.) Ici, ku influence la voyelle brève qui précède, qui est alors prononcée [u]. Voir à ce sujet http://grammar.innu-aimun.ca/fr/orthographe/lettres-et-sons-les-voyelles/voyelles-breves-a-et-i-prononces-u-devant-cu-cu/ des suites -iku ou –iku : nimińuatiku [nǝmǝnwa:tukw] il m’aime, mińuatiku [mǝnwa:tuku] l’autre m’aime bien.